01.06.2009

Jean-Pierre COFFIN

Le maire, Michel Gourinchas,  a signé la convention devant Ségolène Royal et Marianne Reynaud, adjointe aux affaires sociales  

Lors de sa journée passée en terre cognaçaise samedi (1), la présidente de Poitou-Charentes, Ségolène Royale, a fait une halte à la mairie de Cognac. Objectif: signer une convention entre la Ville et la Région pour la mise en place du microcrédit social régional universel. En accueillant Ségolène Royal, le maire, Michel Gourinchas, s'est félicité de l'objet de sa visite, «répondant ainsi aux besoins d'une véritable politique sociale», rendant hommage dans le même temps aux services sociaux de la Ville. «Mais j'aurais surtout aimé qu'on n'ait pas besoin de ce crédit, que chacun ait un emploi, des revenus suffisants pour vivre décemment.»

À défaut, le crédit microsocial mis en place par la région Poitou-Charentes permet aux plus démunis de passer un cap difficile. Depuis sa création en février 2007, 1.000 personnes en ont bénéficié dans la région, ce qui représente 1,8 million d'euros.

Jusqu'à 4.000 euros

Le principe est simple: avoir besoin d'argent pour financer une recherche d'emploi, l'accès à un logement, une dépense inattendue, mais aussi pour un projet personnel, un mariage, des premières vacances. Pour faire face aussi à un accident de la vie, un changement de situation familiale ou professionnelle, un déménagement, une diminution brutale des ressources, des problèmes de santé, assurer des obsèques dignes à un proche. Mais jamais pour racheter des dettes ou un crédit bancaire.

Les organismes sociaux et associations familiales et surtout les CCAS (centres communaux d'action sociale) dans chaque ville sont chargés d'étudier les dossiers et donc la réalité des besoins des demandeurs. Le microcrédit social universel peut atteindre 4.000 euros, remboursables de 6 à 60 mois en fonction des ressources, avec l'accompagnement d'un organisme spécialisé. Les intérêts plafonnés à 4,5% hors assurance sont remboursés par la Région à l'issue du prêt. «Ainsi, c'est un véritable taux 0%, explique Ségolène Royal, mais cela permet aussi à l'emprunteur de constater ce qu'un crédit coûte réellement.»

Parmi les bénéficiaires, rappelle la présidente de la Région, il y a des chômeurs, mais aussi des personnes ayant un emploi, des retraités, des jeunes dont les parents en situation de précarité ne peuvent plus les aider. Ségolène Royale stigmatise au passage les banques et «le vol bancaire, ces prêts à 17%, ou tout simplement le refus d'un prêt pour un projet de vie, pour une insertion sociale ou professionnelle». «Le comportement des banques est un scandale, des taux exorbitants à la confiscation des chéquiers, en passant par les frais plus chers que le montant d'un découvert. Les banques s'enrichissent sur le dos des pauvres, entraînant la spirale de la désocialisation à l'échec scolaire, voire l'indigence. Le microcrédit doit enrayer en partie cette spirale.»

Juste avant l'intervention de son hôte, Michel Gourinchas avait pointé du doigt «le gouvernement ultra-libéral portant atteinte au pouvoir d'achat, plus prompt à aider les banques et leurs dirigeants à s'en mettre plein les poches qu'à soutenir les plus démunis pour s'en sortir. Alors, c'est aux collectivités locales de prendre le relais. J'ai demandé une étude sur les besoins à Cognac en la matière. Nous travaillons sur une aide à l'obtention du permis de conduire par exemple».